APPEL À COMMUNICATIONS / JSSC 2021/1ères JOURNÉES SCIENTIFIQUES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

MINI COLLOQUE

LA SOCIÉTÉ CONTEMPORAINE BÉNINOISE AU PRISME DES VIOLS RÉPÉTÉS SUR MINEURS

APPEL À COMMUNICATIONS

MdSC APPEL VIOL SUR MINEURS A DIFFUSER 2021

16-17-18 NOVEMBRE 2021

Maison de la Société Civile (MdSC)

Cotonou / Bénin

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Les premières Journées Scientifiques de la Société Civile qui se tiendront à Cotonou, du 16 au 18 novembre 2021 (JSSC 2021), sont organisées par la Maison de la Société Civile (MdSC). Les journées scientifiques de la société civile visent à réunir des Organisations de la Société Civile (OSC) et des chercheurs en sciences humaines et sociales dont les travaux contribuent à la connaissance des phénomènes sociaux. Ces premières journées sont dédiées au viol sur mineurs. Il s’agit d’interroger des OSC, des chercheurs (sociologues ; psychologues, etc) travaillant cette thématique à partir de leurs champs disciplinaires respectifs, qui utilisent les approches et/ou les méthodologie de la sociologie pour étudier spécifiquement l’objet viol, ou encore des professionnels qui s’interrogent sur les causes profondes et l’aspect social du viol au travers d’une démarche réflexive. Le colloque fera aussi une place particulière aux agents du service public et travailleurs sociaux, qui sont invités à partager leurs réalités professionnelles.

L’angle proposé pour articuler ces contributions est celui du processus de changement psycho-social à l’œuvre aujourd’hui, désigné depuis quelques années dans le débat public sous le vocable d’« éducation aux valeurs ». Dans le cadre de ces journées, nous préférons employer le pluriel afin d’insister sur la diversité des conceptions du changement, voire la conflictualité d’un processus qui met en jeu de très nombreuses catégories d’acteurs, des contextes et des enjeux multiples. Il s’agira d’une part, de mettre en lumière la manière dont les sociétés contemporaines fabriquent à toutes les échelles (quotidienne, organisationnelle et politique) les violeurs par les mutations de l’environnement en matière d’éducation, et d’autre part, comment les pratiques et les mobilisations des acteurs interrogent et font émerger des alternatives aux dispositifs de gestion des cas de viols tels qu’ils sont conçus par les décideurs.

Les actions développées suscitent désormais de très fortes attentes compte tenu des impasses émanant d’une vision exclusivement judiciaire des ressorts du viol. Au-delà de l’objectif purement scientifique de cette manifestation, il s’agit également de donner à voir les thématiques et les résultats des recherches aux porteurs d’une demande de connaissances sociales relatives aux enjeux sociaux du viol sur les mineurs. L’intention est de susciter des rencontres entre les chercheurs et les acteurs, afin de favoriser l’interpellation croisée des problématiques scientifiques et des dilemmes de l’action.

AXES THÉMATIQUES

MÉTHODOLOGIE/PROSPECTIVE / RÉFLEXIVITÉ

Ces dernières années ont été celles d’une forte sollicitation des sciences humaines et sociales, notamment la sociologie, pour éclairer les enjeux de faits sociaux. Les interpellations dont font l’objet les chercheurs issus de ces disciplines interrogent les conditions de production d’une connaissance « sociale » mais également celles de production et de mobilisation des outils et des méthodes. À travers cet axe thématique, nous nous demanderons si le viol sur mineurs constitue une problématique, avec des méthodologies singulières à notre société africaine et singulièrement béninoise à même d’unifier des questionnements. Le viol sur mineurs fait-il partie de l’objet d’étude à part entière pour les disciplines de la place, ou demande-t-il à être appréhendé au sein d’une configuration plus vaste, comme une dimension transversale de processus sociaux multiples ? Comment les spécificités de l’objet viol conduisent-elles à faire évoluer les techniques classiques de recueil des données et à en inventer de nouvelles approches de prise en charge du phénomène, y compris la réorientation de l’action des intervenants ?

La question des échelles de questionnements et méthodologiques pourra également faire l’objet de communications. Comment articuler les approches micro, qui mettent en lumière les initiatives des organisations de la société civile ou à l’échelle de collectifs restreints, et celles plus macro qui soulignent le poids des faîtières, de structures administratives et sociotechniques ? Dans un environnement qui a, jusqu’à présent, fortement mobilisé les approches judiciaires, les interactions entre les OSC et les chercheurs peuvent-elles conduire à un renouvellement du regard sur le viol et des pratiques de prise en main ?

Pour la société civile, il s’agit notamment d’évaluer les causes profondes des viols croissants, mais aussi les limites de l’action publique, en termes de savoirs et de connaissances sociologiques du phénomène susceptibles d’orienter les stratégies des décideurs et des intervenants. Quelles sont les caractéristiques des violeurs et des personnes violées ? Quelles postures les organisations de la société civile y compris les artistes, les acteurs culturels et religieux, individuellement et collectivement, peuvent-ils adopter face à ce phénomène ? Quels sont les outils dont ils pourraient disposer ? La société civile doit-elle s’emparer de cette situation, répondre aux attentes à son égard ou bien doit-elle s’en tenir à une position d’observation distanciée ? On ne peut sans doute pas faire l’économie d’une réflexion sur la manière dont la question du viol sur mineurs est traitée en regard des réalités sociales, des modes de production de l’éducation, de l’influence de la technologie en relations avec les offres et les mutations sur le mode de vie.

POLITIQUES PUBLIQUES ET TERRITOIRES

Les systèmes de prévention et de gestion du viol sur mineurs appelés à se réformer trouvent, à l’échelon territorial, une perspective nouvelle pour atteindre les objectifs d’efficacité de l’éducation aux valeurs. De fait, nous assistons, à une mise à l’agenda local de l’enjeu d’éducation aux valeurs : les espaces s’emparent de nouvelles compétences et s’approprient les instruments pour aller dans ce sens. Encore souvent perçus comme une contrainte plutôt que comme une opportunité de renouvellement, de création d’une nouvelle attractivité ou de redynamisation d’un type nouveau de citoyens, les processus en cours soulèvent malgré tout un intérêt grandissant et laissent présager de nouvelles initiatives dans l’action publique. Cette thématique sera l’occasion de s’interroger sur les manières dont les collectivités territoriales font de la question de l’éducation aux valeurs un enjeu politique pour leur territoire, de caractériser cette mise à l’agenda et les actions qui en découlent. On s’intéressera, entre autres, aux politiques de production décentralisée de la qualité d’hommes. Il nous faudra également faire appel à la comparaison de la manifestation du phénomène ici et ailleurs pour comprendre les processus, au-delà des problématiques mises en évidence.

La montée en puissance des cas de viols dans certaines communes du Bénin réinterroge globalement les politiques nationales en matière de protection de l’enfance, en ce sens que l’idée d’un modèle unique de prévention est largement remise en cause. Le défi tient plutôt à ce que les territoires s’engagent dans leur propre modèle et cherchent à l’articuler avec les objectifs fixés au niveau national en tenant compte de la culture. Quelles sont donc les différenciations territoriales observables (sociologie, économie, mobilisation des acteurs locaux) ? Ce qui est en jeu ici, ce sont les imaginaires sociaux et politiques de prévention du viol sur les mineurs. Il serait également opportun de se pencher sur le fait que le développement des communes qui engendre par ailleurs une compétition entre les territoires est susceptible de faire apparaître des reconfigurations de compétences, et qu’il y aura donc parmi les échelons de l’action publique (villages/quartiers, arrondissements, communes, intercommunalités, départements, etc) des gagnants mais aussi des perdants.

EDUCATION, ET MODES DE VIE

Les problématiques touchant à l’intégrité des enfants sont préoccupantes et présentes dans toutes les localités du pays, ce qui fait que ce groupe cible concentre la plupart des intervenants dans le secteur social, notamment dans le pool thématique 1 des organisations de la société civile béninoise. Le sous-secteur de la protection de l’enfant est également privilégié dans les politiques publiques et bénéficie de l’intervention de plusieurs partenaires. Les injonctions au changement se multiplient et pèsent à la fois sur la famille et sur les enseignants. Les premiers sont invités à trouver des solutions innovantes en matière de d’éducation, de prise en charge, de relation, les seconds sont sommés de réformer leurs comportements quotidiens vers plus de sobriété, voire d’adapter leurs modes d’interventions aux systèmes techniques qui leur sont imposés et d’adhérer aux enjeux de la protection universelle des droits des enfants. La protection de l’enfant est également interpelée à l’échelle des quartiers et des villes.La plupart des problématiques, qui pour certaines d’entre-elles commencent tout juste à être travaillées par les différents acteurs, se situent au croisement des thématiques techniques et des sciences sociales. Toutes les contributions sont les bienvenues, mais on pourra, entre autres, s’interroger sur le rôle des différents acteurs dans les processus de conception, de production et de suivi des mécanismes de lutte contre les viols sur mineurs considérés comme efficaces d’un point de vue stratégique, y compris dans les processus engageant des formes alternatives de coopérations entre agents du secteur public, OSC et parents.

 

On pourra également s’intéresser à ce que les injonctions de sobriété engagent du point de vue des mode d’éducation dans les écoles et les centres d’apprentissage soumises à de nouvelles normes sociales et morales. On réservera une place significative aux communications qui interrogent la place du numérique dans cette thématique, ainsi qu’à celles qui explorent les idéologies et les représentations sociales relatives à ce nouveau phénomène, comme les contradictions qui peuvent s’instaurer avec d’autres dimensions (des modes de vie à la qualité de l’éducation et du parcours du violeur, en passant par la prise en charge tant du violeur que de la personne violée). Les contributions pourront porter sur les rapports entre conception du viol et modes d’expression, sur le ou les rôles assigné(s) à la société civile et aux systèmes éducatifs, y compris aux technologies réflexives, dans la réalisation d’objectifs sociaux et sur les apprentissages qui y sont nécessairement associés, sur les formes de prise en compte des parties dans la conception et la modélisation des solutions. Les violeurs étant le plus souvent placés en situation de criminels, nombre d’opérations se sont mises en place pour accompagner la prise en charge des victimes. Qu’il s’agisse de la psychologie ou du portrait du violeur ou de la victime, des contributions relatives aux outils d’accompagnement au changement seront les bienvenues. Il pourra tout autant s’agir de formes de coaching, de nudges ou du déploiement de solutions ou technologies à destination des intervenants de la société civile ou des acteurs du secteur public, que de nouvelles formations à destination des professionnels intervenant en amont et sur l’éducation des enfants et des jeunes. Enfin, on pourra questionner les conditions historiques et sociotechniques de production de notions telles que « éducation aux valeurs » ou encore « éducation morale et civique ».

ENGAGEMENT/MOBILISATION/CONCERTATION/EMPOWERMENT

Les enjeux liés au viol des mineurs, et plus précisément les actions à entreprendre et les mesures à mettre en œuvre en matière de politique de prise en charge et de prévention, sont au cœur de nombreux débats, suscitent des controverses, parfois des conflits entre les protagonistes. Les organisations de la société civile sont de plus en plus nombreuses à se mobiliser et s’impliquer dans les discussions, les concertations pour orienter certaines décisions. Quel est le poids effectif des associations, plus ou moins structurés, par rapport aux acteurs étatiques (assistants sociaux, officiers de police, magistrats, …), aux partenaires et aux acteurs politiques, dans les processus de changement ? A côté des valeurs « citoyennes », quelles sont celles qui soutiennent aujourd’hui l’engagement des individus dans les débats autour des viols sur mineurs ? De quelle manière et dans quelles conditions les OSC parviennent-elles à enrôler des individus qui ne maitrisent pas nécessairement les enjeux ? Comment les réseaux qui s’occupent de la défense des droits de l’enfant s’organisent-ils pour accroître leur pouvoir d’action collective (empowerment), et jusqu’où ces actions défendent-elles un intérêt général ? Transversalement, se pose la question des liens à établir entre les débats sur le viol, les démarches scientifiques, les intérêts économiques et les engagements citoyens. Au travers de ces questions, se profilent celles, plus larges, du débat démocratique et des risques, avérés ou entrevus, de « confiscation » de ce débat.

AXES THÉMATIQUES VIOL ET ANTHROPOLOGIE VISUELLE

Sur le plan méthodologique, le colloque souhaite réserver une place particulière aux communications / productions scientifiques et documentaires relevant d’une démarche filmique et photographique. Dès lors qu’elles s’inscrivent dans l’un ou plusieurs des axes thématiques développés ci-dessus, les contributions pourront prendre la forme d’une exploitation problématisée d’un fonds photographique dans le cadre d’une démarche ethnographique ou d’une réalisation vidéo originale rendant compte d’un phénomène social touchant à l’objet viol.

THÈME OUVERT

Le colloque se veut résolument ouvert à toutes les propositions entrant dans le champ des sciences humaines et sociales, dont les limites ne sont pas stabilisées. De ce fait, les auteurs de sciences sociales qui ne se retrouveraient pas sur l’un des axes thématiques ci-dessus doivent se sentir libres de proposer une communication, dès lors que celle-ci possède un lien avec le viol. Les Journées Scientifiques de la Société Civile étant une manifestation scientifique, les contributions doivent néanmoins s’appuyer sur un travail de recherche, qu’il s’agisse d’une recherche « fondamentale », d’une recherche-action, d’une étude ou de toute démarche réflexive sur l’action.

MODALITÉS

DE SOUMISSION

Cet appel à communication est ouvert aux chercheurs, doctorants, enseignants-chercheurs, ainsi qu’aux acteurs opérationnels et institutionnels. Les communications pourront se faire en français.

Les propositions de contributions n’excéderont pas une page (3000 signes, espaces compris).

Les propositions devront mentionner dans l’ordre suivant :

  • Le nom et le prénom du communicant ou des communicants, ainsi que la structure de rattachement (ins- titution, entreprise, etc.).
  • Le titre de la communication
  • 5 mots clés
  • L’axe ou les axes concernés
  • Le résumé de la communication
  • Une brève biographie (avec le cas échéant référence d’une ou deux publications)

Il est demandé d’utiliser la police Arial en 12 points (interlignes simples) et de fournir le texte sous forme de deux fichiers, l’un au format word, l’autre au format PDF, qui seront nommés par le nom de famille du 1er auteur. Les communicants doivent impérativement fournir une version française. Les propositions seront envoyées avant le 15 octobre 2021 à info@mdscbenin.org

Les auteurs seront informés de l’avis du comité scientifique dans la deuxième quinzaine du mois d’octobre 2021. Afin de préparer au mieux les tables rondes et les ateliers, les auteurs retenus devront adresser le texte de leur communication avant le 10 novembre 2021. Les interventions seront enregistrées ou filmées et seront susceptibles d’être diffusées sur le site internet de la MdSC et les canaux de communication dédiés aux JSSC 2021. Le mini colloque « la société contemporaine béninoise au prisme des viols répétés sur mineurs », se déroulera en ligne. Les intervenants qui le désirent pourront intervenir en ligne depuis leur bureau ou espace de travail. Il sera mis en place au siège de la MdSC, un dispositif qui permettra aux intervenants qui le souhaitent d’utiliser l’espace de la MdSC. Un agenda bien détaillé sera mis en place par le comité d’organisation.

 

Vous souhaitez nous joindre ou vous associer à cet événement:

Tél : 0022921326770

Mail : info@mdscbenin.org

www.mdscbenin.org

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