Café Débat N°17 sur le harcèlement sexuel : Les OSC renouvellent leur engagement pour lutter contre le fléau.

La Maison de la Société Civile a organisé le jeudi 30 septembre 2021 de 9h à 11h, un webinaire sur « Le harcèlement sexuel » dans le cadre d’une série de webinaires portant sur les Violences Basées sur le Genre (VBG). Ce 17e numéro qui a connu la participation de 48 représentants des OSC et des acteurs/professionnels du domaine, a donné l’occasion aux Organisations de renouveler leur engagement et de prendre des mesures pour une lutte plus efficace.

Initié pour promouvoir le dialogue et le partage d’expériences entre les Organisations de la Société Civile pour plus d’impact de leurs interventions, le Café Débat N° 17 visait essentiellement à renforcer les capacités des Organisations à assumer leurs responsabilités de prévention et de réponse aux VBG. Sur le thème du harcèlement sexuel, il s’agissait pour la Maison de la Société Civile, à accroître la compréhension et le soutien des OSC dans la lutte contre le phénomène, aider les OSC à renforcer leurs interventions et enfin, d’améliorer la coordination, la communication et la cohérence entre le Ministère des Affaires Sociales, l’UNICEF, la MdSC et les autres acteurs concernés.

Avec comme modérateur, le journaliste Alain TOSSOUNON, et près de cinquante participants, le débat a été introduit par Mme Scholastique OLOWOLAGBA ASSOGBA de l’ONG Wildaf-Bénin.

Dans son introduction, le Modérateur a rappelé que le harcèlement sexuel est une forme de discrimination fondée sur le sexe. Il souligne que toute personne harcelée sexuellement à l’école, au travail comme partout ailleurs peut se sentir atteinte dans sa dignité et se sentir incapable d’atteindre son plein potentiel dans la vie.

Il a précisé qu’au Bénin, le législateur a prévu plusieurs lois pour combattre le fléau. Il s’agit de la Loi N°2006-19 portant répression du harcèlement sexuel et protection des victimes en République du Bénin, la Loi N°2011-26 du 9 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes. Mais, malgré ces différentes lois, le gouvernement du Bénin a transmis pour examen et vote à l’Assemblée nationale, le projet de loi portant dispositions spéciales de répression des infractions commises à raison du genre et de protection de la femme en République du Bénin.

Face à l’arsenal juridique existant et au ferme engagement du Chef de l’Etat de combattre le phénomène, le Modérateur a invité la personne ressource, Mme Scholastique OLOWOLAGBA ASSOGBA de l’ONG Wildaf-Bénin à se prononcer sur l’ampleur du phénomène malgré l’action des OSC, l’opportunité d’une nouvelle loi et surtout l’existence du phénomène en milieu rural.

En réponse aux questions, Mme Scholastique OLOWOLAGBA ASSOGBA a tenu à clarifier la notion de harcèlement, donner les éléments constitutifs et la distinction qu’il convient de faire entre harcèlement sexuel, viol ou drague assidue.

Levant un coin de voile sur cette infraction punie par la loi, elle a indiqué que le harcèlement sexuel peut être défini comme des avances sexuelles importunes et indésirables, les demandes de faveurs sexuelles et autre contact verbal ou physique de nature sexuelle qui crée un environnement hostile ou offensant. Insistant sur l’exercice de la contrainte dans une relation hiérarchique et d’autorité, elle a énuméré plusieurs éléments constitutifs à savoir, l’abus d’autorité, le non consentement, la contrainte, la vulnérabilité…

Sur la question du lieu où le phénomène se manifeste, elle a soutenu que le harcèlement sexuel peut avoir lieu n’importe où : au travail, à l’Université, dans la rue, dans un magasin, dans un club, dans les transports en commun, dans un aéroport, et même dans les ménages avec « les domestiques ». Pour sanctionner les auteurs, elle a précisé que la Loi de 2006 qui interdit toutes formes de harcèlement sexuel le considère comme un délit punissable. La personne reconnue coupable de harcèlement sexuel est passible d’un emprisonnement d’un à deux ans et d’une amende allant de 100.000 à un million de francs CFA.

Après cette brève introduction, le débat a été ouvert aux représentants des OSC qui ont montré tout leur intérêt pour le sujet. Tour à tour, ils ont déploré la recrudescence du phénomène malgré les actions engagées et surtout l’existence des lois censées dissuader les auteurs. Se fondant sur des témoignages de femmes victimes, ils ont tous déploré le phénomène soutenu que seule la loi ne suffit pas pour l’enrayer. En se prononçant sur le projet de loi transmis à l’Assemblée nationale, certains ont dénoncé l’absence de débat public sur la problématique. D’autres estiment que sur les lois existantes, il y a des contradictions et incohérences qu’il faudra corriger.

Dans la suite du débat, certains acteurs ont insisté sur la nécessité pour les OSC de revoir leurs stratégies pour être plus crédibles. Les OSC qui ont saisi cette occasion pour partager leurs expériences, ont insisté sur l’importance d’associer les hommes à la lutte car c’est ensemble avec eux que le combat peut être efficace.

Se félicitant de l’organisation du débat et surtout de l’intérêt porté au sujet, le Directeur Armand VIGNON, a aussi partagé un témoignage d’une femme victime de harcèlement avant de lancer un appel pour une mobilisation. Il a surtout invité les OSC à partager leurs expériences de lutte pour l’épanouissement des jeunes filles et des femmes et à faire des propositions concrètes pour renforcer leurs interventions sur le terrain.

Ainsi, au terme des échanges, plusieurs solutions ont été préconisées. En plus de l’application de la loi, d’autres instruments d’actions doivent être associés. Il s’agit pour les OSC de bien maitriser le sujet avant toute intervention, de veiller à la prise en charge psychologique des victimes, d’insister sur l’éducation des enfants et de promouvoir le travail en synergie. Également, les OSC devront s’organiser pour participer au débat par rapport au projet de loi transmis à l’Assemblée nationale afin de faire des propositions aux députés.

mdsc

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